À l’été 2023, Anne, 41 ans, découvre une grosseur dans son sein droit. Rien d’alarmant en apparence, mais le doute s’installe. Quelques semaines plus tard, en octobre 2023, le diagnostic tombe après une mammographie et des ponctions : cancer du sein.
Célibataire, sans enfant, Anne vit près de Versailles et travaille dans l’événementiel. À ce moment-là, elle est en pleine dynamique professionnelle — elle postule pour participer à l’organisation des Jeux Olympiques. Jusqu’à ce que tout bascule.
Faire un défi avant que tout ne change
Très vite, Anne comprend que les mois à venir seront éprouvants. Une décision s’impose alors, presque instinctivement : faire du sport maintenant, se lancer un défi avant que ce ne soit trop difficile.
En plein mois d’octobre, portée par l’élan d’Octobre Rose, elle découvre la Rando Vélo Rose de Casiopeea. Elle s’inscrit. À l’arrivée, son frère et sa mère l’attendent. « Je pleure. C’était un moment très fort. »
C’est ce jour-là qu’elle découvre le programme Remise en Selle, que Magalie, Présidente à l’époque, lui présente.
La chimiothérapie débute en novembre 2023. Son cancer est hormonodépendant, situé au sein droit. Les chances de guérison sont élevées, mais moralement, c’est une autre bataille.
En janvier 2024, elle rejoint Remise en Selle. Le mouvement devient une bouée.
En parallèle, Anne fait un choix fort : continuer à avancer professionnellement. En mars 2024, elle démarre un nouveau poste. Elle n’a rien dit de sa maladie à son employeur ni à ses collègues, elle ne voulait pas « être réduite à ça ». Elle commence en télétravail, puis déménage à Nantes pour travailler sur les espaces dédiés au football des Jeux Olympiques de Paris 2024.
En avril 2024, elle subit une ablation du sein et de la chaîne ganglionnaire à Saint-Cloud. Et le lendemain même de son opération, elle apprend qu’elle va recevoir une promotion. « C’était fou. Je ne pensais plus à ma maladie. J’aimais tellement mon boulot. »
Tenir le rythme, coûte que coûte
L’été 2024 est un défi permanent. La radiothérapie débute en juin, juste avant les Jeux. Pour tenir, Anne organise ses rendez-vous très tôt le matin afin de pouvoir aller travailler ensuite. Elle tient jusqu’au bout, assurant sa mission pendant les Jeux jusqu’à mi-août 2024.
Puis vient l’hormonothérapie, le corps fatigue et les douleurs s’installent.
En octobre 2025, Anne participe à la Rando Vélo et reprend plus régulièrement le programme Remise en Selle. « L’avantage, c’est d’avoir le vélo chez soi. On peut en faire à tout moment. On reste dans sa bulle. Pas besoin de sortir, pas besoin de se montrer. »

Retrouver du lien, autrement
Au-delà du sport, Anne découvre quelque chose de précieux : le lien avec d’autres femmes qui vivent la même chose.
« Ma famille et mes amis m’ont beaucoup soutenue. Mais être avec des personnes qui comprennent vraiment, c’est différent. On peut échanger de manière plus profonde. »
Investie dans Casiopeea, elle participe régulièrement aux activités de l’association :
- Rando Vélo Rose en octobre 2023
- Zumba en janvier 2024
- week-end à la montagne ressourçant en février 2025
- Longe-côte en juin 2025 — un retour à l’eau pour cette ancienne nageuse
- 24h du Mans à vélo en août 2025
- Marathon Rose en octobre 2025,
- et même de l’escrime en 2026.
Reprendre possession de son corps
Aujourd’hui encore, tout n’est pas simple. La fatigue est permanente, les douleurs persistent notamment dans les articulations, les mains, les pieds.
Depuis ses 5 ans, le sport fait partie intégrante de sa vie. Ancienne nageuse en compétition, elle a toujours eu ce besoin de bouger. Quand elle apprend son cancer, sa peur est immédiate : « J’avais peur de ne plus pouvoir faire de sport. » Mais c’est l’inverse qui s’est produit. « Le sport m’a sauvée. »
Un immense merci à Anne pour ce témoignage touchant, qui rappelle avec force que l’activité physique adaptée est un allié précieux — pendant les traitements et bien au-delà

